Montessori à l’école publique : la meilleure réponse aux nouveaux programmes

Encore un article multi-kilométrique, puisque je vous propose de lire avec moi les nouveaux programmes de l’école maternelle ! Attention à l’indigestion !

J’y ai découvert une approche intelligente de l’enfant et de très beaux objectifs qui, bien qu’un peu ambitieux dans un fonctionnement de classe traditionnel, prennent tout leur sens si nos classes se mettent à fonctionner selon la pédagogie testée par Maria Montessori.

J’y découvre donc, étonnée et ravie, que loin d’aller à l’encontre de l’Education Nationale, nous autres enseignants “éclaireurs” sommes en fait les bons élèves du ministère ! 😀

Le texte étant trèèès long (je me suis dit que si j’enlevais des morceaux vous vous diriez que j’ai sélectionné ceux qui allaient dans mon sens) je vous propose de lire surtout les paragraphes que j’ai mis en bleu… ça vous permettra si vous le souhaitez de passer certains paragraphes (mais si vous avez un peu de temps, n’hésitez pas à tout lire bien sûr !)

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L’école maternelle :
un cycle unique, fondamental pour la réussite de tous 

 

La loi de refondation de l’École crée un cycle unique pour l’école maternelle et souligne sa place fondamentale comme première étape pour garantir la réussite de tous les élèves au sein d’une école juste pour tous et exigeante pour chacun. Ce temps de scolarité, bien que non obligatoire, établit les fondements éducatifs et pédagogiques sur lesquels s’appuient et se développent les futurs apprentissages des élèves pour l’ensemble de leur scolarité.

L’école maternelle est une école bienveillante, plus encore que les étapes ultérieures du parcours scolaire. Sa mission principale est de donner envie aux enfants d’aller à l’école pour apprendre, affirmer et épanouir leur personnalité.

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On pourrait presque arrêter là notre lecture : que les enseignants dont TOUS les élèves ont envie, le matin, de se lever pour venir en classe, parce qu’ils y “affirment et épanouissent leur personnalité”, lèvent la main. Vous avez réussi LA mission principale que vous a confié l’Etat.

(Maintenant, parmi ceux qui ont levé la main, que ceux qui fonctionnent de manière traditionnelle se manifestent par des petits cris de singe en sautant à pieds joints ! – je ne prends pas beaucoup de risques…)

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Elle s’appuie sur un principe fondamental : tous les enfants sont capables d’apprendre et de progresser. En manifestant sa confiance à l’égard de chaque enfant, l’école maternelle l’engage à avoir confiance dans son propre pouvoir d’agir et de penser, dans sa capacité à apprendre et réussir sa scolarité et au-delà.

 

1. Une école qui s’adapte aux jeunes enfants

 

L’enfant qui entre pour la première fois à l’école maternelle possède déjà des savoir-faire, des connaissances et des représentations du monde ; dans sa famille et dans les divers lieux d’accueil qu’il a fréquentés, il a développé des habitudes, réalisé des expériences et des apprentissages que l’école prend en compte.

 

1.1. Une école qui accueille les enfants et leurs parents

Dès l’accueil de l’enfant à l’école, un dialogue régulier et constructif s’établit entre enseignants et parents ; il exige de la confiance et une information réciproques. Pour cela, l’équipe enseignante définit des modalités de relations avec les parents, dans le souci du bien-être et d’une première scolarisation réussie des enfants et en portant attention à la diversité des familles. Ces relations permettent aux parents de comprendre le fonctionnement et les spécificités de l’école maternelle (la place du langage, le rôle du jeu, l’importance des activités physiques et artistiques…).

L’expérience de la séparation entre l’enfant et sa famille requiert l’attention de toute l’équipe éducative, particulièrement lors de la première année de scolarisation. L’accueil quotidien dans la salle de classe est un moyen de sécuriser l’enfant. L’enseignant reconnaît en chaque enfant une personne en devenir et un interlocuteur à part entière, quel que soit son âge.

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Y a-t-il besoin de commenter cette dernière phrase ? 🙂

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1.2. Une école qui accompagne les transitions vécues par les enfants

 

L’école maternelle construit des passerelles au quotidien entre la famille et l’école, le temps scolaire et le temps périscolaire. Elle joue aussi un rôle pivot à travers les relations qu’elle établit avec les institutions de la petite enfance et avec l’école élémentaire.

L’équipe pédagogique organise la vie de l’école en concertation avec d’autres personnels, en particulier les Atsem (agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles). L’articulation entre le temps scolaire, la restauration et les moments où l’enfant est pris en charge dans le cadre d’accueils périscolaires doit être travaillée avec tous les acteurs concernés de manière à favoriser le bien-être des enfants et constituer une continuité éducative. Tout en gardant ses spécificités, l’école maternelle assure les meilleures relations possibles avec les différents lieux d’accueil et d’éducation au cours de la journée, de la semaine et de l’année. Elle établit des relations avec des partenaires extérieurs à l’école, notamment dans le cadre des projets éducatifs territoriaux.

Elle travaille en concertation avec l’école élémentaire, plus particulièrement avec le cycle 2, pour mettre en œuvre une véritable continuité des apprentissages, un suivi individuel des enfants. Elle s’appuie sur le Rased (réseau d’aides spécialisées aux élèves en difficulté) pour comprendre des comportements ou une absence de progrès, et mieux aider les enfants dans ces situations. 

 

1.3. Une école qui tient compte du développement de l’enfant

Sur toute la durée de l’école maternelle, les progrès de la socialisation, du langage, de la motricité et des capacités cognitives liés à la maturation ainsi qu’aux stimulations des situations scolaires sont considérables et se réalisent selon des rythmes très variables.

Au sein d’une même classe, l‘enseignant prend en compte dans la perspective d’un objectif commun les différences entre enfants qui peuvent se manifester avec une importance particulière dans les premières années de leur vie. L’équipe pédagogique aménage l’école (les salles de classe, les salles spécialisées, les espaces extérieurs…) afin d’offrir aux enfants un univers qui stimule leur curiosité, répond à leurs besoins notamment de jeu, de mouvement, de repos et de découvertes et multiplie les occasions d’expériences sensorielles, motrices, relationnelles, cognitives en sécurité.

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Ce n’est pas moi qui invente quand même ! Le paragraphe se terminerait par “Dans cet objectif, les enseignants sont encouragés à lire les ouvrages de Maria Montessori et à s’en inspirer.”, ça nous choquerait à peine 😉

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Chaque enseignant détermine une organisation du temps adaptée à leur âge et veille à l’alternance de moments plus ou moins exigeants au plan de l’implication corporelle et cognitive.

L’accueil, les récréations, l’accompagnement des moments de repos, de sieste, d’hygiène sont des temps d’éducation à part entière. Ils sont organisés dans cette perspective par les adultes qui en ont la responsabilité et qui donnent des repères sécurisants aux jeunes enfants.

 

1.4. Une école qui pratique une évaluation positive

L’évaluation constitue un outil de régulation dans l’activité professionnelle des enseignants ; elle n’est pas un instrument de prédiction ni de sélection. Elle repose sur une observation attentive et une interprétation de ce que chaque enfant dit ou fait.

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L’évaluation a pour objet principal l’observation. Même sur ce sujet épineux on serait d’accord ?

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Chaque enseignant s’attache à mettre en valeur, au-delà du résultat obtenu, le cheminement de l’enfant et les progrès qu’il fait par rapport à lui-même. Il permet à chacun d’identifier ses réussites, d’en garder des traces, de percevoir leur évolution.

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Sur ce point disons qu’on n’est pas tout à fait en accord : l’identification des réussites n’a aucunement besoin de l’enseignant, l’enfant est capable de savoir lui-même ce qu’il réussit ! Mais bon si ce n’est que ça, on veut bien leur donner des documents de suivi, à nos petits inspecteurs !

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Il est attentif à ce que l’enfant peut faire seul, avec son soutien (ce que l’enfant réalise alors anticipe souvent sur ce qu’il fera seul dans un avenir proche) ou avec celui des autres enfants. Il tient compte des différences d’âge et de maturité au sein d’une même classe.

Adaptée aux spécificités de l’école maternelle, l’évaluation est mise en œuvre selon des modalités définies au sein de l’école. Les enseignants rendent explicites pour les parents les démarches, les attendus et les modalités d’évaluation propres à l’école maternelle.

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Je dois dire que, même sur ce point très “tendu” des évaluations, il n’y a rien d’incompatible avec un fonctionnement en pédagogie Montessori… Au contraire, si on regarde bien, ce paragraphe est bien plus un appel à la bienveillance qu’une obligation d’évaluation. 

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2. Une école qui organise des modalités spécifiques d’apprentissage

 

Au sein de chaque école maternelle, les enseignants travaillent en équipe afin de définir une progressivité des enseignements sur le cycle. Ils construisent des ressources et des outils communs afin de faire vivre aux enfants cette progressivité. Ils constituent un répertoire commun de pratiques, d’objets et de matériels (matériels didactiques, jouets, livres, jeux) pour proposer au fil du cycle un choix de situations et d’univers culturels à la fois variés et cohérents.

L’enseignant met en place dans sa classe des situations d’apprentissage variées : jeu, résolution de problèmes, entraînements, etc. et les choisit selon les besoins du groupe classe et ceux de chaque enfant. Dans tous les cas et notamment avec les petits, il donne une place importante à l’observation et à l’imitation des autres enfants et des adultes.Il favorise les interactions entre enfants et crée les conditions d’une attention partagée, la prise en compte du point de vue de l’autre en visant l’insertion dans une communauté d’apprentissage. 

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Maria Montessori parle de cette communauté d’apprentissage qui se construit naturellement, justement grâce à cette propension à l’imitation des autres : c’est ainsi qu’une “explosion de l’écriture” a eu lieu dans sa classe et que les élèves se sont organisés en processions pour porter leur alphabet comme un trophée ! Dans une classe Montessori, les enfants apprennent à respecter les autres et à s’en inspirer, ils profitent donc au mieux de leur appartenance à une communauté… sans la laisser déborder sur leur liberté individuelle.

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Il développe leur capacité à interagir à travers des projets, pour réaliser des productions adaptées à leurs possibilités. Il sait utiliser les supports numériques qui, comme les autres supports, ont leur place à l’école maternelle à condition que les objectifs et leurs modalités d’usage soient mis au service d’une activité d’apprentissage.

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Heu…

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Dans tous les cas, les situations inscrites dans un vécu commun sont préférables aux exercices formels proposés sous forme de fiches.

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Ah ! 🙂

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2.1. Apprendre en jouant

Le jeu favorise la richesse des expériences vécues par les enfants dans l’ensemble des classes de l’école maternelle et alimente tous les domaines d’apprentissages. Il permet aux enfants d’exercer leur autonomie, d‘agir sur le réel, de construire des fictions et de développer leur imaginaire, d’exercer des conduites motrices, d’expérimenter des règles et des rôles sociaux variés. Il favorise la communication avec les autres et la construction de liens forts d’amitié. Il revêt diverses formes : jeux symboliques, jeux d’exploration, jeux de construction et de manipulation, jeux collectifs et jeux de société, jeux fabriqués et inventés, etc.

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Et attention le meilleur arrive (oubliez bien sûr, comme Maria Montessori, la frontière que les adultes définissent entre jeu et travail, qui n’existe pas chez les enfants) :

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L’enseignant donne à tous les enfants un temps suffisant pour déployer leur activité de jeu. Il les observe dans leur jeu libre afin de mieux les connaître. Il propose aussi des jeux structurés visant explicitement des apprentissages spécifiques.

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❤ ❤ ❤ ❤

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2.2. Apprendre en réfléchissant et en résolvant des problèmes

Pour provoquer la réflexion des enfants, l’enseignant les met face à des problèmes à leur portée. Quels que soient le domaine d’apprentissage et le moment de vie de classe, il cible des situations, pose des questions ouvertes pour lesquelles les enfants n’ont pas alors de réponse directement disponible. Mentalement, ils recoupent des situations, ils font appel à leurs connaissances, ils font l’inventaire de possibles, ils sélectionnent. Ils tâtonnent et font des essais de réponse.

L’enseignant est attentif aux cheminements qui se manifestent par le langage ou en action ; il valorise les essais et suscite des discussions. Ces activités cognitives de haut niveau sont fondamentales pour donner aux enfants l’envie d’apprendre et les rendre autonomes intellectuellement.

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On est – encore – d’accord 🙂

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2.3. Apprendre en s’exerçant

Les apprentissages des jeunes enfants s’inscrivent dans un temps long et leurs progrès sont rarement linéaires. Ils nécessitent souvent un temps d’appropriation qui peut passer soit par la reprise de processus connus, soit par de nouvelles situations. Leur stabilisation nécessite de nombreuses répétitions dans des conditions variées. Les modalités d’apprentissage peuvent aller, pour les enfants les plus grands, jusqu’à des situations d’entraînement ou d’auto-entraînement, voire d’automatisation. L’enseignant veille alors à expliquer aux enfants ce qu’ils sont en train d’apprendre, à leur faire comprendre le sens des efforts demandés et à leur faire percevoir les progrès réalisés. Dans tous les cas, les choix pédagogiques prennent en compte les acquis des enfants.

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On croirait – à peu de choses près – lire un manuel à l’usage des classes Montessori.

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2.4. Apprendre en se remémorant et en mémorisant

Les opérations mentales de mémorisation chez les jeunes enfants ne sont pas volontaires. Chez les plus jeunes, elles dépendent de l’aspect émotionnel des situations et du vécu d’évènements répétitifs qu’un adulte a nommés et commentés. Ces enfants s’appuient fortement sur ce qu’ils perçoivent visuellement pour maintenir des informations en mémoire temporaire, alors qu’à partir de cinq-six ans c’est le langage qui leur a été adressé qui leur permet de comprendre et de retenir.

L’enseignant stabilise les informations, s’attache à ce qu’elles soient claires pour permettre aux enfants de se les remémorer. Il organise des retours réguliers sur les découvertes et acquisitions antérieures pour s’assurer de leur stabilisation, et ceci dans tous les domaines. Engager la classe dans l’activité est l’occasion d’un rappel de connaissances antérieures sur lesquelles s’appuyer, de mises en relations avec des situations différentes déjà rencontrées ou de problèmes similaires posés au groupe.

L’enseignant anime des moments qui ont clairement la fonction de faire apprendre, notamment avec des comptines, des chansons ou des poèmes. Il valorise la restitution, l’évocation de ce qui a été mémorisé ; il aide les enfants à prendre conscience qu’apprendre à l’école, c’est remobiliser en permanence les acquis antérieurs pour aller plus loin.

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Bon… même si on voit bien ce qu’il y a derrière ce paragraphe : temps de regroupement importants, avec bilans quotidiens etc. D’une part, pourquoi pas les intégrer à notre journée 🙂 et d’autre part, cette notion de mémoire peut être travaillée de bien des manières.

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3. Une école où les enfants vont apprendre ensemble et vivre ensemble

 

L’école maternelle structure les apprentissages autour d’un enjeu de formation central pour les enfants : « Apprendre ensemble et vivre ensemble ». La classe et le groupe constituent une communauté d’apprentissage qui établit les bases de la construction d’une citoyenneté respectueuse des règles de la laïcité et ouverte sur la pluralité des cultures dans le monde. C’est dans ce cadre que l’enfant est appelé à devenir élève, de manière très progressive sur l’ensemble du cycle. Les enfants apprennent à repérer les rôles des différents adultes, la fonction des différents espaces dans la classe, dans l’école et les règles qui s’y rattachent. Ils sont consultés sur certaines décisions les concernant et découvrent ainsi les fondements du débat collectif. L’école maternelle assure ainsi une première acquisition des principes de la vie en société. L’accueil et la scolarisation des enfants handicapés participent à cet enjeu pour ces enfants eux-mêmes et contribuent à développer pour tous un regard positif sur les différences. L’ensemble des adultes veille à ce que tous les enfants bénéficient en toutes circonstances d’un traitement équitable. L’école maternelle construit les conditions de l’égalité, notamment entre les filles et les garçons. 

 

3.1. Comprendre la fonction de l’école

L’école maternelle est le lieu où l’enfant se familiarise progressivement avec une manière d’apprendre spécifique ; celle-ci s’appuie sur des activités, des expériences à sa portée, mais suppose qu’il en tire des connaissances ou des savoir-faire avec l’aide des autres enfants et de l’enseignant.

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Est-ce que le but est que l’enfant tire des savoir-faire de ses activités et expériences, ou bien que ces savoir-faire lui soient apportés par l’enseignant ? Ce point n’est ni très clair, ni très pertinent je trouve…

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Le langage, dans la diversité de ses usages, a une place importante dans ce processus. L’enfant apprend en même temps à entrer dans un rythme collectif (faire quelque chose ou être attentif en même temps que les autres, prendre en compte des consignes collectives) qui l’oblige à renoncer à ses désirs immédiats. L’école maternelle initie ainsi la construction progressive d’une posture d’élève.

L’enseignant rend lisibles les exigences de la situation scolaire par des mises en situations et des explications qui permettent aux enfants – et à leurs parents – de les identifier et de se les approprier. Il incite à coopérer, à s’engager dans l’effort, à persévérer grâce à ses encouragements et à l’aide des pairs. Il encourage à développer des essais personnels, prendre des initiatives, apprendre progressivement à faire des choix.

Il aide à identifier les objets sur lesquels portent les apprentissages, fait acquérir des habitudes de travail qui vont évoluer au fil du temps et que les enfants pourront transférer. Pour ce faire, il s’attache à faire percevoir la continuité entre les situations d’apprentissage, les liens entre les différentes séances. Pour stabiliser les premiers repères, il utilise des procédés identiques dans ses manières de questionner le groupe, de faire expliciter par les enfants l’activité qui va être la leur, d’amener à reformuler ce qui a été dit, de produire eux-mêmes des explications pour d’autres à propos d’une tâche déjà vécue.

L’enseignant exerce les enfants à l’identification des différentes étapes de l’apprentissage en utilisant des termes adaptés à leur âge. Il les aide à se représenter ce qu’ils vont devoir faire, avec quels outils et selon quels procédés. Il définit des critères de réussite pour que chacun puisse situer le chemin qu’il a réalisé et perçoive les progrès qu’il doit encore effectuer.

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Dans ces paragraphes il y a deux choses :

  • la question de la discipline et de l’obéissance : les élèves qui grandissent dans une classe Montessori gagnent ces facultés en même temps qu’il deviennent calmes et concentrés (avec l’aide de l’enseignant au début, pour distinguer les “bonnes activités” des “mauvaises” et leur interdire ainsi de nuire à la classe)
  • tout le reste, un peu mélangé, sur le fait que l’enfant formule à l’oral son travail, qu’il y ait des critères de réussite dans chaque activité, etc, qui sont des éléments essentiels de la pédagogie Montessori (surtout le dernier !) 

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3.2. Se construire comme personne singulière au sein d’un groupe

 

Se construire comme personne singulière, c’est découvrir le rôle du groupe dans ses propres cheminements, participer à la réalisation de projets communs, apprendre à coopérer. C’est progressivement partager des tâches et prendre des initiatives et des responsabilités au sein du groupe. Par sa participation, l’enfant acquiert le goût des activités collectives, prend du plaisir à échanger et à confronter son point de vue à celui des autres. Il apprend les règles de la communication et de l’échange. L’enseignant a le souci de guider la réflexion collective pour que chacun puisse élargir sa propre manière de voir ou de penser.

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La “réflexion collective” en maternelle ! Là, quel que soit le “fonctionnement” de la classe, l’expression me semble ambitieuse pour des enfants de moins de 6 ans, non ? 😀

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Ainsi, l’enfant trouve sa place dans le groupe, se fait reconnaître comme une personne à part entière et éprouve le rôle des autres dans la construction des apprentissages.

Dans un premier temps, les règles collectives sont données et justifiées par l’enseignant qui signifie à l’enfant les droits (s’exprimer, jouer, apprendre, faire des erreurs, être aidé et protégé…) et les obligations dans la collectivité scolaire (attendre son tour, partager les objets, ranger, respecter le matériel…).

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On est d’accord 🙂

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Leur appropriation passe par la répétition d’activités rituelles et une première réflexion sur leur application.

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Pourquoi pas ! Comptines, méditation en pleine conscience (je vous en parle bientôt), bonjour du matin, bilan de fin de journée, yoga, lecture collective… Il y a plein de choses à faire !

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Progressivement, les enfants sont conduits à participer à une élaboration collective de règles de vie adaptées à l’environnement local.

À travers les situations concrètes de la vie de la classe, une première sensibilité aux expériences morales (sentiment d’empathie, expression du juste et de l’injuste, questionnement des stéréotypes…) se construit. Les histoires lues, contes et saynètes y contribuent ; la mise en scène de personnages fictifs suscite des possibilités diversifiées d’identification et assure en même temps une mise à distance suffisante. Au fil du cycle, l’enseignant développe la capacité des enfants à identifier, exprimer verbalement leurs émotions et leurs sentiments. Il est attentif à ce que tous puissent développer leur estime de soi, s’entraider et partager avec les autres.

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“L’introduction” est finie (ouf !). De mon côté c’est clair : la pédagogie Montessori est non seulement en accord avec les objectifs de ce programme, mais mieux encore : elle me semble être un des rares moyens de réellement approcher l’ambition de ce texte ! Permettre à l’enfant de gagner en estime de soi, en confiance en lui et en les autres, apprendre à partager dans le calme et la discipline, respecter l’adulte, les autres enfants et le matériel, s’investir activement dans ses activités et comprendre ses progrès, suivre un parcours individualisé… comment faire ça en fonctionnement “type IUFM” ??

La suite est très, très longue… chacun des 5 domaines d’apprentissage y est bien détaillé. Vous trouverez le texte intégral ici pour ceux qui veulent (et doivent…) le lire. Je vous mets ci-dessous les attendus de fin de maternelle pour que vous puissiez vous faire votre propre idée (j’ai mis en orange les rares points qui me semble à questionner dans une classe Montessori), mais j’espère vous avoir déjà convaincus 😉

Enseignants, à vos marques !! 🙂

 

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PS. Vous la voyez ouverte ou fermée, vous, cette porte ? 😉

 

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1. Mobiliser le langage dans toutes ses dimensions

 

Ce qui est attendu des enfants en fin d’école maternelle :

  • Communiquer avec les adultes et avec les autres enfants par le langage, en se faisant comprendre.
  • S’exprimer dans un langage syntaxiquement correct et précis. Reformuler pour se faire mieux comprendre.
  • Pratiquer divers usages du langage oral : raconter, décrire, évoquer, expliquer, questionner, proposer des solutions, discuter un point de vue.
  • Dire de mémoire et de manière expressive plusieurs comptines et poésies.
  • Comprendre des textes écrits sans autre aide que le langage entendu.
  • Manifester de la curiosité par rapport à l’écrit. Pouvoir redire les mots d’une phrase écrite après sa lecture par l’adulte, les mots du titre connu d’un livre ou d’un texte.
  • Participer verbalement à la production d’un écrit. Savoir qu’on n’écrit pas comme on parle.
  • Repérer des régularités dans la langue à l’oral en français (éventuellement dans une autre langue).
  • Manipuler des syllabes.
  • Discriminer des sons (syllabes, sons-voyelles ; quelques sons-consonnes hors des consonnes occlusives).
  • Reconnaître les lettres de l’alphabet et connaître les correspondances entre les trois manières de les écrire : cursive, script, capitales d’imprimerie. Copier à l’aide d’un clavier.
  • Écrire son prénom en écriture cursive, sans modèle.
  • Écrire seul un mot en utilisant des lettres ou groupes de lettres empruntés aux mots connus.

 

2. Agir, s’exprimer, comprendre à travers l’activité physique

 

Ce qui est attendu des enfants en fin d’école maternelle :

  • Courir, sauter, lancer de différentes façons, dans des espaces et avec des matériels variés, dans un but précis.
  • Ajuster et enchaîner ses actions et ses déplacements en fonction d’obstacles à franchir ou de la trajectoire d’objets sur lesquels agir.
  • Se déplacer avec aisance dans des environnements variés, naturels ou aménagés.
  • Construire et conserver une séquence d’actions et de déplacements, en relation avec d’autres partenaires, avec ou sans support musical.
  • Coordonner ses gestes et ses déplacements avec ceux des autres, lors de rondes et jeux chantés.
  • Coopérer, exercer des rôles différents complémentaires, s’opposer, élaborer des stratégies pour viser un but ou un effet commun.

 

3. Agir, s’exprimer, comprendre à travers les activités artistiques

 

Ce qui est attendu des enfants en fin d’école maternelle

  • Choisir différents outils, médiums, supports en fonction d’un projet ou d’une consigne et les utiliser en adaptant son geste.
  • Pratiquer le dessin pour représenter ou illustrer, en étant fidèle au réel ou à un modèle, ou en inventant.
  • Réaliser une composition personnelle en reproduisant des graphismes. Créer des graphismes nouveaux.
  • Réaliser des compositions plastiques, seul ou en petit groupe, en choisissant et combinant des matériaux, en réinvestissant des techniques et des procédés.
  • Avoir mémorisé un répertoire varié de comptines et de chansons et les interpréter de manière expressive.
  • Jouer avec sa voix pour explorer des variantes de timbre, d’intensité, de hauteur, de nuance.
  • Repérer et reproduire, corporellement ou avec des instruments, des formules rythmiques simples.
  • Décrire une image, parler d’un extrait musical et exprimer son ressenti ou sa compréhension en utilisant un vocabulaire adapté.
  • Proposer des solutions dans des situations de projet, de création, de résolution de problèmes, avec son corps, sa voix ou des objets sonores.

 

4. Construire les premiers outils pour structurer sa pensée

 

Ce qui est attendu des enfants en fin d’école maternelle :

 

Utiliser les nombres

  • Évaluer et comparer des collections d’objets avec des procédures numériques ou non numériques.
  • Réaliser une collection dont le cardinal est donné. Utiliser le dénombrement pour comparer deux quantités, pour constituer une collection d’une taille donnée ou pour réaliser une collection de quantité égale à la collection proposée.
  • Utiliser le nombre pour exprimer la position d’un objet ou d’une personne dans un jeu, dans une situation organisée, sur un rang ou pour comparer des positions.
  • Mobiliser des symboles analogiques, verbaux ou écrits, conventionnels ou non conventionnels pour communiquer des informations orales et écrites sur une quantité.

 

Étudier les nombres

  • Avoir compris que le cardinal ne change pas si on modifie la disposition spatiale ou la nature des éléments.
  • Avoir compris que tout nombre s’obtient en ajoutant un au nombre précédent et que cela correspond à l’ajout d’une unité à la quantité précédente.
  • Quantifier des collections jusqu’à dix au moins ; les composer et les décomposer par manipulations effectives puis mentales. Dire combien il faut ajouter ou enlever pour obtenir des quantités ne dépassant pas dix.
  • Parler des nombres à l’aide de leur décomposition.
  • Dire la suite des nombres jusqu’à trente. Lire les nombres écrits en chiffres jusqu’à dix.

 

Formes, grandeurs, suites organisées

  • Classer des objets en fonction de caractéristiques liées à leur forme. Savoir nommer quelques formes planes (carré, triangle, cercle ou disque, rectangle) et reconnaître quelques solides (cube, pyramide, boule, cylindre).
  • Classer ou ranger des objets selon un critère de longueur ou de masse ou de contenance.
  • Reproduire un assemblage à partir d’un modèle (puzzle, pavage, assemblage de solides).
  • Reproduire, dessiner des formes planes.
  • Identifier le principe d’organisation d’un algorithme et poursuivre son application.

 

5. Explorer le monde

 

Ce qui est attendu des enfants en fin d’école maternelle :

 

Se repérer dans le temps et dans l’espace

  • Situer des événements vécus les uns par rapport aux autres et en les repérant dans la journée, la semaine, le mois ou une saison.
  • Ordonner une suite de photographies ou d’images, pour rendre compte d’une situation vécue ou d’un récit fictif entendu, en marquant de manière exacte succession et simultanéité.
  • Utiliser des marqueurs temporels adaptés (puis, pendant, avant, après…) dans des récits, descriptions ou explications.
  • Situer des objets par rapport à soi, entre eux, par rapport à des objets repères.
  • Se situer par rapport à d’autres, par rapport à des objets repères.
  • Dans un environnement bien connu, réaliser un trajet, un parcours à partir de sa représentation (dessin ou codage)
  • Élaborer des premiers essais de représentation plane, communicables (construction d’un code commun).
  • Orienter et utiliser correctement une feuille de papier, un livre ou un autre support d’écrit, en fonction de consignes, d’un but ou d’un projet précis.
  • Utiliser des marqueurs spatiaux adaptés (devant, derrière, droite, gauche, dessus, dessous…) dans des récits, descriptions ou explications.

 

Monde du vivant, objets, matière

  • Reconnaître les principales étapes du développement d’un animal ou d’un végétal, dans une situation d’observation du réel ou sur une image.
  • Connaître les besoins essentiels de quelques animaux et végétaux.
  • Situer et nommer les différentes parties du corps humain, sur soi ou sur une représentation.
  • Connaître et mettre en œuvre quelques règles d’hygiène corporelle et d’une vie saine.
  • Choisir, utiliser et savoir désigner des outils et des matériaux adaptés à une situation, à des actions techniques spécifiques (plier, couper, coller, assembler, actionner…)
  • Réaliser des constructions ; construire des maquettes simples en fonction de plans ou d’instructions de montage.
  • Utiliser des objets numériques : appareil photo, tablette, ordinateur.
  • Prendre en compte les risques de l’environnement familier proche (objets et comportements dangereux, produits toxiques).

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11 thoughts on “Montessori à l’école publique : la meilleure réponse aux nouveaux programmes

  1. Super ! Merci beaucoup pour ce décryptage des programmes, qui ont effectivement l’air d’aller dans le bon sens (tout particulièrement pour ce qui est du respect de l’enfant et de son rythme d’apprentissage)

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  2. Merci pour cet article! Je l’ai lu avec beaucoup d’attention, étant PE dans le public et cherchant depuis 1 année comment faire entrer Montessori dans ma classe, sans formation AMI. J’ai commencé des lectures dont mon 1er Maria Montessori: l’Education et La Paix. J’aurais bien aimé des extraits de citations ou théoriques de cette pédagogie si vous avez des connaisannces pointues en la matière, afin de faire des parallèles approfondis. Notre difficulté dans le public, c’est de convaincre nos IEN avec des arguments solides et les persuader qu’une formation serait bénéfique. 🙂 Mais effectivement d’après le peu que j’ai vu sur un journée en école Montessori sur mon tems personnel et mes petites lectures, je trouve que les nouveaux programmes ont l’air de bien coller avec cette pédagogie et j’en suis ravie! Si une éducatirce Montessori a la possibilité de creuser un peu plus l’argumentation, ça m’intéresse beaucoup! Belle journée à vous!

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    1. Bonjour
      Voici une information qui pourrait vous être utile :
      Céline Alvarez qui a enseigné pendant 3 ans dans une classe de Maternelle à Genneviliers a mis en place une pédagogique s’inspirant de Maria Montesori et elle est en train de mettre à disposition gratuitement des vidéos( et documents pédagogiques. Pour accéder aux informations concernant son expérimentation. voici quelques liens :

      https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/

      Les résultats de l’expérimentation
      https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/les-resultats/

      Réorganisez votre classe !
      https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/08/04/la-classe/

      Liste du matériel didactique
      https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/08/06/liste-du-materiel-didactique/

      Les différentes étapes de l’installation.
      https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/08/12/les-differentes-etapes-de-linstallation/

      Matériel didactique pour démarrer.
      https://lamaternelledesenfants.wordpress.com/2015/08/13/le-materiel-didactique-pour-demarrer/

      Brigitte

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      1. Merci pour ces documents! Je suis en relation avec Céline depuis février 2015. Je lui ai déjà demandé un peu d’aide. 🙂 C’est gentil à vous d’avoir pensé à moi. J’aurais bien aimé un éclairage sur les textes avec des citations et exemples de la pédagogie Montessori car l’IEN veut que “ça colle aux textes”. Je le vois bien en classe que cela a changé ma vie dans les faits. Les IEN aiment la paperasse malheureusement…

        Bonne continuation et Merci pour vos articles! belle soirée

        Aurélie

        Date: Sat, 3 Oct 2015 15:35:40 +0000 To: leroylilie@hotmail.com

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    1. Quelle chance! Trop loin pour moi. Vous partagerez ce que vous en avez retiré? Je suis déjà entrée en contact avec Céline Alvarez plusieurs fois. Elle répond aux mails qu’on lui envoie. Elle est vraiment chouette, pleine d’humanité. Bon stage alors!

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  3. Mais si tout colle avec ce que demande l’éducation national, pourquoi il y a tant d’école Montessori hors contrat?
    Si les école Montessori étaient sous contrat avec l’état, elles seraient moins chères et donc plus accessibles.

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