Albums, Oralbums, Kamishibai… lire, raconter et conter en maternelle

Je reviens enfin à mon clavier après plusieurs semaines (mois..?!) d’absence… avec un article un peu en vrac.

En classe, nous nous plongeons dans chaque nouvelle histoire avec bonheur ! Je commence à comprendre les clés d’une histoire racontée ou contée avec succès auprès d’enfants de 2-4 ans…

 

“Oralbums” …ou pas ?

Si vous connaissez les Oralbums, vous connaissez probablement le débat qu’ils soulèvent. Ce sont des albums dont le texte est “adapté à chaque âge de la maternelle”, en intégrant certaines erreurs typiques de la langue orale, notamment la reprise pronominale (“Le loup IL souffle sur la maison.”) et la négation (“Il n’ est pas très courageux.”), erreurs censées rendre le texte plus accessible aux jeunes enfants.

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Je suis absolument contre ce genre d’adaptation, pour plein de raisons :

  • Je suis persuadée que ce ne sont pas ces petites erreurs de l’oral qui font buter les élèves mais le vocabulaire, la syntaxe et la conjugaison,
  • Je trouve que c’est un peu prendre les élèves pour des … (hmmm bâillonnez-moi ! 😉 ) de leur parler comme ça !
  • Tout au long de la maternelle on s’emploie à faire comprendre aux élèves la différence entre la langue écrite et la langue orale …pour tout détruire en lisant un texte écrit (car ils voient bien qu’on lit) “comme à l’oral” ?!
  • On devrait plutôt s’entraîner, en tant qu’enseignant, à ne pas faire ces erreurs, même à l’oral. On a une telle responsabilité dans leur apprentissage du français ! “Sa maman, elle lui dit de pas traîner, parce qu’Y a un loup qui rôde dans la forêt.” : si je parlais comme ça à mes élèves je me poserais d’abord des questions sur ma capacité de progression avant de niveler le texte de leurs histoires sur mon propre piètre niveau de langue !
  • J’ai l’impression que c’est pour pousser l’adulte lecteur à parler “comme si il racontait”… sauf qu’il lit ! Ça me dérange beaucoup, car ce n’est pas si compliqué de raconter, il faut juste un peu plus de préparation, et c’est tellement chouette, alors pourquoi faire du “play back” ??

En revanche, comme j’avais des Oralbums dans ma classe (dans laquelle je suis arrivée en septembre), je les ai regardés et j’ai découvert plusieurs avantages :

  • Les illustrations sont très jolies 🙂 (comme celle des Trois petits cochons choisie en couverture de l’article)
  • Le fait que le texte soit écrit non pas sur l’illustration, mais derrière chaque page, est très pratique pour lire à un groupe en montrant bien l’image à tous
  • Et le format (40 cm de large !), ça c’est vraiment le top !

En fait, les avantages de l’Oralbum sont précisément ceux du kamishibaï japonais !

 

Le Kamishibaï

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Kamishibaï signifie littéralement : « théâtre de papier ». C’est une technique de contage d’origine japonaise basée sur des images qui défilent dans un butaï (théâtre en bois), à trois portes. Un kamishibaï est composé d’un ensemble de planches cartonnées racontant une histoire. Chaque planche met en scène un épisode du récit, le recto pour l’illustration, le verso réservé au texte dit par le narrateur. Les planches sont introduites dans la glissière latérale du butaï dans l’ordre de leur numérotation. (Source : http://www.kamishibais.com/kamishibai.php)

L’Oralbum n’est donc pas une grande invention, c’est tout simplement un kamishibaï à spirales !

Je ne me suis pas encore construit de butaï en bois… mais les illustrations imprimées en A4, plastifiées (avec le texte de l’image suivante derrière) et reliées par de petits anneaux… pour l’instant ça me convient parfaitement ! (Et puis, il ne faut pas réaliser trop vite les petits rêves qu’on a… 😉 )

Voici un exemple de kamishibaï que j’ai adapté pour la classe (TPS-PS) :

Trotte Souris

 

Conter avec ou sans images :
c’est aussi chanter, mimer, bruiter …et recommencer !

Le refrain chanté

Je ne détiens probablement pas le brevet de “l’histoire à refrain chanté” mais je ne me souviens pas non plus m’être inspirée de quelqu’un d’autre… Bref, un super outil que ce soit pour lire, raconter ou conter, est un petit refrain qui revient à différents moments de l’histoire (quand la trame le permet) ! Les enfants, en chantant, se recentrent un peu pour les moins concentrés, s’activent beaucoup et donc apprennent bien mieux (on sait qu’une condition essentielle de l’apprentissage est le fait que l’enfant soit actif), et comme ça leur plaît, ils redemandent l’histoire bien sûr 🙂

De mon côté, je reprends souvent des mélodies d’Anne Sylvestre, que j’aime beaucoup, en changeant entièrement les paroles pour les adapter à mon histoire.

Le mime et le bruitage

Surtout pour un conte sans images, avec toujours les mêmes objectifs : rendre les enfants actifs, motiver, amuser, faire plaisir, faire rire 🙂

La répétition

Les histoires qui se répètent en couplets quasiment identiques (comme celle dont je vous donne l’exemple en dessous) sont particulièrement appréciées, surtout par les plus jeunes : elles sont un puissant outil d’apprentissage de la langue ! Peu à peu, les enfants commencent à apprendre (comme vous) l’histoire par coeur, et à la raconter avec vous avec une syntaxe correcte, en reprenant les phrases entendues et ré-entendues… là tout est gagné !

Voici deux exemples d’histoires sans illustrations, contées (de mémoire) pour le plus grand bonheur de mes élèves, avec force gestes, mimiques, bruits… et chansons 🙂 Ils ont aussi, toujours à disposition, des imagiers (une pochette par histoire) qui, sans illustrer l’histoire, leur donnent les outils de vocabulaire pour bien les comprendre.

Le petit âne et les mouches (inspirée de l’histoire “Un pantalon pour mon ânon” du Père Castor)

Pierrot et le potager (inspirée de l’histoire “Pierre et le potager de Monsieur Gregory”, refrain sur l’air de “Sureau, sureau”, d’Anne Sylvestre)

Je me suis enregistrée parce que je trouve ça plus parlant pour vous, mais n’utilisez pas ces enregistrements avec vos élèves bien sûr, aucun intérêt ! C’est tellement mieux de les raconter soi-même ! 🙂

 

Et voilà, quelques astuces pour essayer de passionner ses enfants ou élèves ! Ça peut demander pas mal de préparation donc c’est encore mieux si on est en charge de sa classe pendant plusieurs années, pour rentabiliser 😉

Et vous, des idées, des astuces, des histoires qui marchent, des liens ? Partageons ! ❤

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One thought on “Albums, Oralbums, Kamishibai… lire, raconter et conter en maternelle

  1. Je confirme, les yeux brillent quand j’emporte mon Kamishibai à l’école!! J’ai fabriqué (euh mon tendre et cher homme) mon butai, j’achète 2 kamishibai par an et j’emprunte les autres… les filles a la maison adorent et les élèvent … c’est le calme et les yeux qui brillent assurés!! merci pour tes liens.

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